LES CONSÉQUENCES D'UNE SUR-CONSOMMATION DES RÉSEAUX SOCIAUX

Dernière mise à jour : 21 mars




Depuis quelques années, la fréquentation des réseaux sociaux ne cesse d’augmenter avec un flux d’images et de likes infinis. Cette consommation, si elle est excessive, peut entraîner une réelle dépendance et avoir un impact psychologique néfaste. Découvrons ensemble quels peuvent être les effets négatifs des médias sociaux sur la société et sur les consommateurs.

Le caractère addictif des réseaux sociaux

Selon une étude réalisée par l’institut Omdia, le trafic Internet mondial a progressé de 70% là où le confinement était en place. En France, les réseaux sociaux comme WhatsApp, Facebook ou TikTok ont connu des progressions de 15 à 40 % selon les classes d’âge.


Cette augmentation de consommation des médias a un réel impact sur la population. Pour cause, son caractère addictif. En effet, de nombreux médecins, psychologues et thérapeutes ont constaté qu'une consommation excessive des réseaux sociaux pouvait conduire à la dépression ainsi qu’au développement d’une mauvaise estime de soi.


Mais qu’est-ce qui rend les réseaux sociaux si addictifs ?


Le facteur d’addiction principal est ce qu’on appelle l’auto divulgation. Lorsque l’on parle de soi, le centre de récompense du cerveau s’active par la libération de dopamine, hormone du plaisir. Dans le monde réel, il est estimé que nous parlons de nous-même environ 30 à 40% du temps. Or, sur les réseaux sociaux, ce pourcentage est doublé, car l’auto divulgation atteint 80%. La raison est simple ; le flux constant de « likes » et le défilement infini d’images stimulent la libération de dopamine. Même l’anticipation de recevoir un like après avoir posté une photo libère de la dopamine.


Les symptômes d’une dépendance aux médias sont :


  • La vérification constante de son téléphone.

  • La peur d’être « déconnecté » de son identité virtuelle.

  • Lorsque le temps passé ligne a un impact négatif sur le travail, l’école ou les relations.

  • Un sentiment d’anxiété lorsqu’une publication ou une photo n’obtient pas assez de “likes”.

  • La comparaison de votre “performance” avec d’autres utilisateurs (nombre de likes, followers).

  • La consultation des réseaux sociaux au réveil et avant de dormir.

  • Lorsque votre entourage vous trouve préoccupé.


La dépendance aux médias sociaux n’est, cependant, pas un diagnostic clinique formel.

Les conséquences d’une sur-consommation des réseaux sociaux


La dysphorie des réseaux sociaux


L’un des effets néfastes des réseaux sociaux sur la société est la dysphorie des réseaux sociaux. En effet, les réseaux sociaux mettent en lumière des standards de beauté ou de richesse irréalistes pouvant altérer le bien-être mental et la perception de soi. De récentes études ont, d’ailleurs, montré que les utilisateurs fréquents des réseaux sociaux perçoivent leur vie comme moins intéressante que celles des autres. Ils se sentent alors obligés de “rivaliser” et de ne montrer que les aspects glamour de leur vie. Le danger est donc qu’un adolescant puisse développer des attentes irréalistes face à la vie.


Le mot “dysphorie” vient du grec et signifie “difficile à supporter”. Ainsi, la dysphorie se caractérise par un état de malaise et d’insatisfaction. On ressent alors :

  • une irritabilité et une anxiété permanente ;

  • un sentiment d’infériorité ;

  • une image corporelle de soi négative ;

  • la dépression ;

  • des troubles de l’attention ;

  • un sentiment de solitude et d’isolement.

La nomophobie


La nomophobie est une autre conséquence néfaste d’une consommation excessive des réseaux sociaux. Le succès de ces derniers s’explique notamment par le syndrome “fomo”, ou “fear of missing out”, peur de rater quelque chose en français. À l’origine, ce sentiment s’applique au monde réel. Peur de manquer la soirée de l’année, peur de rater une activité inédite entre amis ou encore crainte de manquer un weekend inoubliable. Mais depuis quelques années, le fomo s’applique aussi à ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. Il nous pousse à vérifier constamment ce qui pourrait se passer en ligne, de peur de manquer une information.

Ainsi, qui dit fomo en ligne, dit nomophobie. La nomophobie (no mobile) se traduit par une utilisation obsessionnelle d’un smartphone et la crainte d’en être séparé. Les personnes atteintes de cette phobie consultent leur téléphone en permanence, passent de nombreuses heures par jour sur leur portable et éprouvent un sentiment d’impuissance lorsqu’elles en sont séparées.

​Bien que pas officiellement reconnu comme une addiction, il est avéré que l’utilisation excessive d’un smartphone peut déclencher une altération du niveau de dopamine dans le cerveau et donc une forte dépendance.

Les symptômes de Nomo-Fomo sont les suivants :


  • La peur d’être « déconnecté » de son identité virtuelle.

  • Être incapable d’éteindre votre portable.

  • La vérification permanente de ses messages, e-mails ou appels manqués.

  • Charger son portable ou vérifier sa batterie en permanence.

  • Ne jamais se séparer de son téléphone, même dans la salle de bain.

  • Souvent vérifier que son téléphone est bien sur nous.

  • La crainte d’être sans réseau.

La dépendance au smartphone peut entraîner les symptômes suivants :


  • des troubles du sommeil ;

  • des troubles de l’attention ;

  • de l’anxiété et du stress ;

  • une diminution de la concentration profonde et un syndrome de la page blanche ;

  • un sentiment de solitude et d’insécurité ;

  • un impact négatif sur sa vie professionnelle, ses études, et ses relations.


Addiction réseaux sociaux

La dysmorphie corporelle


L’exposition aux réseaux sociaux dès le plus jeune âge peut impacter l’image corporelle d’un adolescent ou jeune adulte et le conduire à des troubles alimentaires. La recherche montre clairement que la consommation des réseaux sociaux participe à une insatisfaction corporelle. Pour cause, ces derniers montrent constamment un modèle de corps sans imperfection entraînant les utilisateurs à se comparer à des normes irréalistes.


Par ailleurs, les tendances ”fitspiration” et “thinspiration”, également connu sous le nom de « fitspo » et «thinspo», promues sur les réseaux sociaux encouragent à être en forme et poussent à la minceur. La fitspiration est une tendance qui favorise un mode de vie sain, principalement par l’alimentation et l’exercice. Le simple fait de regarder les images fitspo sur Instagram peut avoir un impact négatif sur l’humeur, l’image corporelle et l’estime de soi.


Le trouble de dysmorphie corporelle se traduit par une obsession des défauts corporels, qui sont souvent imperceptibles pour autrui. Cependant, la dysmorphie corporelle n’est pas toujours liée aux médias, car il peut avoir des causes génétiques ou psychiatriques.

Les symptômes de dysmorphie corporelle sont les suivants :


  • S'inquiéter constamment de ses défauts, ou se comparer aux autres.

  • La perception négative de son corps à un impact négatif sur ses relations amoureuses, son travail et ses loisirs.

  • L’observation compulsive du corps : se peser, mesurer des parties du corps, pincer la peau ou s’examiner constamment dans le miroir.

  • Cacher son corps avec des vêtements amples.

  • Utilisation d’un langage négatif liés au corps.

  • Ressentir des émotions négatives concernant son corps.


Le sur-exercice


Le sur-exercice et le « clean eating » sont promus par les réseaux sociaux avec un flux infini d’images de corps sculptés et d’aliments mis en scène. Un individu perfectionniste est plus susceptible de développer de telles dépendances.


La dépendance au sur-exercice se traduit par une préoccupation malsaine pour ses objectifs sportifs ainsi que par la mise en place de règles strictes concernant sa pratique. L’exercice libère des endorphines et de la dopamine provoquant un sentiment de bien-être. Les personnes dépendantes cherchent compulsivement à ressentir ce plaisir.

L’exercice excessif peut avoir des effets néfastes qui se caractérisent par :


  • Une durée d’exercice qui augmente avec le temps dans le but d’obtenir un “buzz” et un sentiment d’accomplissement.

  • Un sentiment d’anxiété, d’irritabilité et d’agitation si nous sommes privés d’exercice.

  • Lorsque nos tentatives d’arrêt ou de réduction d’exercice échouent.

  • Un obsession pour les rituels d'entraînement : échauffement, exercice, étirement.

  • De moins en moins de temps consacré aux amis, à la famille, au travail, à ses devoirs, au profit de la pratique sportive.

  • Un impact négatif sur le corps, comme l’absence de cycles menstruels.

​L’orthorexie


L’orthorexie ou l’obsession d’une alimentation saine est fréquente chez les personnes dépendantes d’une pratique sportive. Une personne atteinte d’orthorexie est obsédée par ses habitudes alimentaires et refuse de manger certains groupes d’aliments. Ce mode de vie prend le contrôle de la vie d’un individu souffrant d’orthorexie.

Les signes avant-coureurs sont :


  • Une obsession pour la qualité de la nourriture.

  • Un temps excessif consacré à la planification de ses repas.

  • Éviter de sortir pour manger ou évitez de consommer des aliments préparés par d’autres.

  • La crainte de contracter une maladie via certains aliments.

  • Montrer des signes de malnutrition.

  • Refuser de manger certaines catégories d’aliments, comme des produits laitiers, des aliments contenant des conservateurs, du gluten ou encore du sucre.

  • La peur de perdre le contrôle sur son alimentation.

Comment lutter contre une dépendance aux réseaux sociaux ?

Le premier pas pour sortir d’une dépendance aux réseaux sociaux est d’en avoir pleinement conscience. Cette prise de conscience peut venir de notre entourage ou d’articles et films sur le sujet. Ensuite, il est impératif de mettre en place des règles strictes limitant la fréquentation des réseaux sociaux à des plages horaires bien définies. Enfin, il est bénéfique d’intégrer des activités non numériques à son quotidien.


Si, malgré tout, vous ressentez le besoin d’être suivi et accompagné dans votre sevrage, il peut être utile de vous faire aider.





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